Marion Gagnot, une femme spontanée et généreuse !

Je suis toujours excitée avant d’entrer dans les locaux d’une chaîne de télévision ou de radio. Le simple fait de passer ces immenses baies vitrées coulissantes de l’avenue Charles de Gaulle et me voilà plongée dans le tourbillon de ce que l’on appelle « le monde de la radio ».

Un assistant m’installe dans une petite salle, me propose un café tout en me demandant de patienter quelques instants. Je me retrouve sur un siège-pouf plutôt confortable, je relis mes notes, absorbe une gorgée de café encore brulante et j’entends Marion qui se dirige vers moi. C’est tout sourire, dans une joie et une bonne humeur communicative que Marion m’accueille, comme une amie. Ce qui me marque immédiatement c’est sa simplicité. Elle s’installe face à moi sur l’autre siège-pouf gris et affiche un sourire naturel.

Si son visage encadré par sa symbolique frange la caractérise de l’extérieur, je suis bien décidée à répondre à cette question : « Mais qui est Marion Gagnot ? ».


Pour travailler à la radio il faut… beaucoup de bonne humeur, de joie, de spontanéité et beaucoup de travail !

Être animatrice c’est… avoir envie de partager.

Être une femme aujourd’hui… c’est compliqué mais c’est faisable (rires) !

Si je devais changer quelque chose… je mettrais plus de femmes animatrices en radio !

Si un mot devait te qualifier ? Imprévisible !

Une chose que tu aimerais faire mais que tu n’as jamais osé faire ? Un saut en parachute… j’ai trop peur !

Une question que je ne t’ai pas posée et que tu aurais aimé que je te pose ? Tu aurais pu me demander combien je gagne (rires) je pense que c’est la moindre des choses mais bon… dommage pour toi tu ne l’as pas fait (rires) !


D’une envie de journalisme aux studios de radio !

De Louison (DL) : Tu as fait des études de communication. C’était un moyen pour toi, à l’époque, d’intégrer le monde des médias ?

Marion Gagnot (MG): Pas du tout ! Au lycée je voulais faire Sciences-Po. J’ai donc tenté tous les concours possibles et imaginables sans prépa. Mais je me suis dit, au cas où je ne serais pas prise, que je devais tenter des écoles de communication. Mais c’était une roue de secours à la base !

Résultats ? Je n’ai eu aucun Sciences-Po (rires!) Zéro ! Rien du tout ! Que des listes d’attente, échec total ! Mais j’avais eu le concours de l’école de com. J’étais contente mais ce n’était pas mon objectif premier car je voulais m’orienter vers le journalisme. Alors j’ai fait cette école de communication à Bordeaux et c’est là que tout s’est déclenché. J’ai décroché mon premier stage dans une télévision locale à Angers. Mais je ne me suis jamais dit que je voulais être animatrice radio à tout prix ! J’adorais ça, mais je n’imaginais pas que c’était possible.

DL: Puis tu as été standardiste à NRJ. Est-ce qu’à ce moment-là, tu t’es dit que tu pourrais te créer un chemin ?

MG: En fait, après avoir fait ma première année d’école à Bordeaux, je suis parti en Belgique pour y faire ma deuxième année (l’école permettait de passer d’une ville à l’autre) et c’est à Bruxelles que j’ai rencontré quelqu’un qui avait des connections avec la Radio NRJ à Paris. Il m’a mis en relation et j’ai pu faire mon stage dans la station en tant que standardiste. Après, tout s’est fait petit à petit : Cauet est arrivé, il m’a engagé au standard et à l’antenne, car quand tu es standardiste on t’intègre souvent au micro, tu es le lien avec les auditeurs. C’est à ce moment-là que j’ai compris que je pourrais créer mon chemin dans ce milieu.

DL: Avec du recul, tu te dis que tu es animatrice ou tu n’as toujours pas réalisé ?

MG: Quand j’étais co-animatrice je ne réalisais pas. Tu suis, tu te laisses porter… Mais quand tu as la responsabilité d’une émission et d’une équipe c’est complètement différent ! Aujourd’hui, oui, je me sens animatrice (rires !) et heureusement ! Mine de rien ça fait quand même 11 ans que je suis à la radio. En revanche je ne réalise pas que des gens m’écoutent !

DL: Et tu ne réalises pas que tu t’adresses à des milliers de personnes ?

MG: Non…

DL: Est-ce que tu as conscience d’avoir une voix ?

MG: Parfois oui car les gens nous le rappelle en nous disant « Grâce à vous ou à cause de vous il s’est passé ceci, cela… » Donc on se dit qu’on a influencé une personne. Mais la plupart du temps on se marre et on ne se rend pas compte qu’il y a un impact derrière !

DL: Quelqu’un dans le métier t’a donné un conseil qui t’a toujours guidé ?

MG: Un consultant américain qui vient parfois en France et qui conseille des personnalités nous dit tout le temps : « REAL LIFE ». En gros ? Il ne faut absolument pas se créer de personnage mais plutôt parler de soi et de ce qui est vrai car c’est comme ça que les gens vont s’identifier et se dire : « Mais elle est comme nous ! Elle a les mêmes problèmes que nous ! »

C’est difficile car tu t’exposes et tu ne parles que de toi, mais ça ne sert à rien d’inventer ! Il faut être naturel. C’est peut-être ce qui nous différencie de certains animateurs qui sont très star !

DL: Qu’est-ce que tes ami(e)s disent de toi ?

MG: Parfois ils sont surpris car ils me trouvent beaucoup plus libérée et folle à l’antenne que dans la vie. Je ne sais pas pourquoi ! Je me lâche ! Et heureusement que je ne suis pas dans la vie comme je suis à la radio tout le temps (rires) sinon je serais complètement folle !

Parfois ils me disent : « Tu vas loin ! Alors que dans la vie tu n’oserais jamais ». (rires) Mais ça les fait rire, ils sont contents.

Mes ami(e)s de longue date sont plutôt surpris de mon parcours. Je n’étais pas du tout prédestinée à ça et puis j’étais une enfant très timide, très réservée, dans ma bulle. Personne n’aurait parié là-dessus !

DL: Tu as eu un déclic pour sortir de ta timidité ?

MG: Je pense que c’est grâce aux premiers stages que j’ai faits. Le simple fait d’être derrière un micro c’est un peu comme une thérapie. C’est venu naturellement. Les premières expériences en radio, tu sais, ça m’a plu tout de suite. Alors très vite il n’y avait plus de timidité, plus honte de rien (rires) !

DL: Qu’est-ce que tu aimerais que les gens pensent de toi ?

MG: Depuis mon passage chez Cauet j’ai cette image sulfureuse de « testeuse de mec » et ça ne me déplaît pas car ça fait partie de mon histoire. Mais aujourd’hui je propose autre chose. Avec Anne-So on est des grandes sœurs, on est nous-mêmes et j’aimerais ne plus être réduite à cette image. C’était avant, aujourd’hui je propose quelque chose de plus mature. Mais je ne peux pas en vouloir aux gens !

Une animatrice « Real Life » !

DL: Comment te définis-tu en tant qu’animatrice ?

MG: Waouh c’est difficile comme question ! Je pense ne pas être une animatrice « technique ». C’est à dire que contrairement à d’autres qui ont de réelles formations radio je suis incapable de réaliser une émission. Je suis plus une animatrice spontanée, dans la culture du talk-show. Je ne suis pas du tout une technicienne.

DL: Et justement le secret d’une bonne animatrice ?  

MG: C’est d’être soi-même et surtout d’être proche des gens. Nous, on ne prend pas juste les auditeurs à l’antenne. On les suit, on est tout le temps en contact sur les réseaux sociaux, ils nous tiennent au courant, on les reprend à l’antenne pour savoir comment ils vont. Il y a quelque chose. Ce n’est pas juste : « On t’a utilisé, tu as fait rire tout le monde, merci, au revoir ! ». C’est important d’être investi et proche des auditeurs.

DL: Que faut-il savoir avant de vouloir travailler à la radio ?

MG: La plupart des gens pensent que j’arrive à 19h et que l’émission c’est 2h d’impro alors que derrière il y a beaucoup de travail. Des interviews à préparer, des personnes à sélectionner, à contacter, répondre aux questions sur les réseaux sociaux, se renseigner sur les problèmes d’une personne, essayer de trouver des solutions. Il y a des sketchs qui sont écrits, c’est un travail de fou ! On arrive à 13h, on repart à 22h, ce sont de vraies journées de travail. Ce n’est pas juste de l’impro et c’est important de le savoir.

Après on ne va pas se mentir, c’est beaucoup… beaucoup d’éclate !

Il y a un peu de stress aussi, parce que chaque année tu ne sais jamais si tu vas continuer. C’est très rare d’être en CDI. Tu dépends des audiences. Si ça marche tant mieux, si ça s’arrête tant pis ! Il faut avoir conscience qu’il n’y a pas de stabilité. Et puis même pour avoir une vie de famille, en termes d’horaires, ce n’est pas simple. C’est un réel choix à faire. C’est un métier hyper kiffant mais pas très stable. Ta tête est tout le temps mise à prix et il ne faut pas avoir peur de l’échec car ça arrive à un moment donné (rire) !

DL: Et en TV c’est pareil ?

MG: En TV c’est complètement différent, c’est beaucoup plus stressant. Il y a moins l’esprit famille de la radio. En télé tout s’enchaîne très vite… les directs, le maquillage, la post-prod et l’image qui s’ajoute en plus. J’ai aimé mes expériences télé mais pour le coup il faut avoir les épaules !

DL: Chaque soir tu es stressée de prendre l’antenne ?

MG: Maintenant non ! Je n’ai plus du tout de stress sauf quand on a un invité que je n’ai pas l’impression de maîtriser car on ne connaît pas tout le monde et qu’il y a parfois des internationaux. Je me demande comment ça va se passer, si ce qu’on a prévu va lui plaire… Mais sinon on ne stresse plus. Ça fait 4 ans que l’on fait cette émission, on se marre et s’il y a un imprévu on en joue, on essaie de retourner la situation, etc… (Rires).

Une femme qui a de la voix !

DL: Tu es une femme d’influence et je voudrais savoir quelle est la définition d’une femme d’influence pour toi ?

MG: Je pense que c’est tout simplement une femme que tu as envie d’écouter. Pas forcément que tu as envie de copier mais qui peut t’inspirer sur des détails ou des sujets plus profonds. Je dirais que c’est juste une personne avec qui tu as envie d’échanger même si tu n’es pas d’accord.

DL: Lorsque tu as réalisé que tu étais animatrice, est-ce que tu t’es dit : « Ce que je veux apporter aux gens c’est…? »

MG: Au départ non c’était plutôt une démarche égoïste ou je me disais : « comment je vais pouvoir me faire kiffer ? » Et petit à petit quand je me suis rendue compte qu’on avait une influence et qu’on pouvait aider, je me suis dit : « qu’est-ce que je peux faire pour apporter plus de choses aux gens ? ». Mais ce n’est pas venu tout de suite.

DL: MARION GAGNOT EN UNE ANECDOTE ?

MG: Waouh c’est chaud ! Alors si ! La chose que je fais souvent et qui est un vrai problème pour moi, c’est que je mélange tous les mots et toutes les expressions ce qui est un peu un comble pour une animatrice radio ! (Rires) Je n’ai aucune notion, je n’y arrive pas. Je vais pouvoir dire : « C’est la cerise sur le pompon ! » ça ne rentre pas !

DL: C’est ta marque quoi ?

MG: C’est ma marque… et j’en fais beaucoup à l’antenne. Je suis à côté tout le temps. Tout à l’heure, notre auteur est arrivé en réunion, il était habillé d’une certaine façon et je lui ai dit : « Sympa ton col claudi ! »… (Rires) Je n’y arrive pas !

DL: QUELLE EST « LA FEMME D’INFLUENCE » QUI T’INSPIRE EN 2019 ?

MG: J’allais dire Michelle Obama mais je ne suis pas sûre que tu aies le contact ! (Rires)

J’aime beaucoup Marine Lorphelin par rapport à son parcours, aux choix qu’elle a fait et que je suis sur ses réseaux sociaux. Elle a quand même été propulsée et elle s’est remise dans ses études de médecine. Alors aujourd’hui tu la vois trimer avec ses patients et à la fois continuer à faire des galas, son blog, des partenariats avec des produits de beauté et pleins d’autres choses ! Mais ses journées… elle est interne en médecine quoi ! Je trouve ça hyper fort quand tu as vécu ce qu’elle a vécu où tu aurais pu rester dans le monde des paillettes ! Elle a décidé de repasser aux études avec sa blouse et ses crocs… moi j’adore (Rires) ! Je trouve que c’est cool de la suivre sur les réseaux et qu’elle a un parcours très intéressant. 

Si je ne devais retenir que l’essentiel…

Mais qui est Marion Gagnot dans la « real life » comme elle dit ? C’est la question que je m’étais posée.

Imaginez que vous ayez rendez-vous avec une amie. Une amie de longue date que vous n’avez pas vue depuis des années. Vous vous retrouvez dans un café et c’est comme si vous vous étiez vu hier. Et bien Marion Gagnot c’est un peu ça. Entre grande sœur, meilleure amie et animatrice aguerrit, elle respire la bonne humeur et la générosité.

Derrière son micro, les barrières tombent, sa personnalité s’exprime et son naturel se diffuse comme les ondes. Consciente de l’instabilité du métier, du travail et des sacrifices que cela lui demande, elle n’a qu’une seule mission : être toujours plus proche des auditeurs.

Son mantra : « REAL LIFE ». S’inventer une vie ? Jouer un rôle ? Mentir ? Ne pas être naturelle ? Très peu pour elle. Et même si elle sait que demain, tout peut s’arrêter, peu importe, c’est la passion qui l’anime avant tout.

Merci Marion, de t’être livrée avec autant de franchise, nous rappelant que c’est avec le cœur, du travail, de la patience et de l’honnêteté que les rêves deviennent possibles !

DeLouison.

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